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SANTÉ D'ELLES Les axes de la réflexion et de la recherche À ceci s’ajoute les conditions particulières de leur état de santé. Il faut donc penser la santé des femmes dans ce qu'elle a de spécifique. C’est pourquoi trois axes de réflexion ont été identifiés pour favoriser les échanges du présent colloque, avec une attention plus soutenue sur la santé des femmes francophones en milieu minoritaire :
Dimensions de la santé des femmes francophones en milieu minoritaire D’une part, après de longues années d’efforts combinés, des groupes de femmes, des chercheures féministes et différents réseaux travaillant en recherche sur la santé des femmes ont réussi à faire reconnaître le fait que les rapports sociaux de sexe sont un déterminant majeur de la santé des femmes et qu’il est essentiel d’aborder l’ensemble des éléments relatifs à cette question dans une perspective sexo-spécifique. D’autre part, ce n’est que depuis peu que la santé des communautés minoritaires, au Canada, est l’objet d’une attention soutenue de la part des groupes d’intérêt, des politiciens et des spécialistes en sciences sociales. En effet, l’importance à apporter à cette question, que ce soit au niveau national ou provincial est socialement nouvelle, ce qui a pour conséquence que l’on commence à peine à entrevoir à quel point les contextes culturels sont, tout autant que les conditions socio-économiques et les rapports sociaux de sexe, un des déterminants majeurs de la santé et du bien-être des individus. Les femmes francophones en milieu minoritaire vivent dans des contextes culturels qui leur sont propres et qui créent un ensemble de conditions particulières influant sur leur santé. Que sait-on d’elles? Chez les Franco-Ontariennes, on parle de taux plus élevés de grossesses adolescentes et d’hystérectomies, de problèmes plus fréquents de dépression et de détresse psychologique et d’une plus grande consommation de médicaments que chez les autres groupes de femmes vivant en Ontario. En région, les femmes francophones sont plus âgées, plus à risque de vivre avec des troubles alimentaires et elles sont confrontées quotidiennement à un éloignement des services de santé, si ce n’est à la pauvreté des services dans leur langue lorsque les services existent. Mais encore? Et qu’en est-il des autres femmes vivant en milieu minoritaire et notamment des femmes francophones immigrantes? Il faudra compter sur davantage de données, de résultats d’études récentes, pour comprendre ce qu’est leur qualité de vie relativement à leur vécu et aux rapports qu’elles entretiennent avec les services de santé. Pratiques des femmes dans le domaine de la santé Par ailleurs, au niveau domestique, les hommes et les femmes ne sont pas, là non plus, dans une situation analogue. Les femmes n’ont pas, généralement, le même niveau socioéconomique et ne sont pas confrontées aux mêmes attentes dû aux rôles différents assignés à chacun des sexes. Ainsi, s’il est largement entendu que les femmes consacrent plus d’heures que les hommes à prendre soin de leurs proches, sans rémunération, on sait moins qu’elles dispensent des soins beaucoup plus exigeants que ceux assurés par les hommes ; qu’elles parcourent de plus grandes distances que les hommes pour fournir un tel soutien ; qu’elles offrent plus souvent que les hommes des soins et services non rémunérés ; et qu’elles doivent beaucoup plus souvent que ces derniers s’occuper de plus d’une personne ayant besoin de soutien. Que sait-on du coût que cela signifie pour leur propre santé, notamment dans leur prise en charge des personnes âgées dans un contexte de maintien à domicile? Cette question du travail et de la santé des aidantes naturelles n’a pas fini d’être à l’ordre du jour tant le désengorgement du système de santé repose sur leur aptitude à accepter des responsabilités de plus en plus lourdes qui doublent ou triplent leur charge quotidienne de travail. Il est nécessaire de divulguer d’autres résultats de recherche à ce sujet pour pouvoir mesurer, socialement, l’amplitude du phénomène. Parallèlement à cette médicalisation accrue de la responsabilité des femmes dans leur famille, on assiste aussi à la naissance de pratiques innovatrices, de nouvelles solidarités sociales autour d’enjeux importants relativement à la santé publique, et on pense ici à Montfort : que sait-on de ces nouvelles solidarités? Quelles places y tiennent les femmes? Quel impact ont-elles sur les milieux, sur l’amélioration des services, sur le bien-être de groupes d’individus? Impact des politiques sociales et médicales sur la santé des femmes En Ontario les politiques néo-conservatrices ont coûté cher aux personnes à faible revenu mais aussi aux organismes communautaires, qui constituent, souvent, la base du soutien social dans les milieux minoritaires. Les changements dans l’attribution des prestations d’aide sociale, la privatisation des garderies, le virage ambulatoire, tout concourt à l’accroissement de la vulnérabilité des familles et, particulièrement, à celles des mères seules. Peut-on penser que la santé de ces familles plus vulnérables s’est détériorée? Et que dire de celle des femmes ayant un handicap? Par ailleurs, il faut, dans le contexte plus général de la mondialisation, s’interroger sur la ré-allocation des richesses collectives dans les services publics qui veut que l’on investisse des sommes énormes dans les hôpitaux des grands centres et dans leurs infrastructures techno-scientifiques au détriment des centres communautaires, des groupes de femmes et des soins profanes - qui ont subi de ce fait une diminution substantielle de leurs allocations - mais au détriment aussi d’une médecine de type plus « holiste », plus intégrée, s’intéressant davantage à l’humanisation des soins et des services, s’attachant plus au care qu’au cure. De la même manière, il ne faut pas cesser de s’interroger sur les dimensions bioéthiques des pratiques en recherche sur tout ce qui touche globalement à la santé sexuelle des femmes, notamment aux technologies de reproduction et à la bio-médecine qui, au premier chef, constituent des facteurs de risque majeur pour la santé des femmes. Ces quelques éléments et bien d’autres sont au centre des questions auxquelles sont actuellement confrontées les femmes dans leurs rapports à l’État canadien et dans leur critique de l’idéologie bio-médicale. Le Réseau des chercheures féministes de l’Ontario français invitent les chercheures, les intervenantes, les personnes-ressources et les étudiantes de l’Ontario français, de l’Acadie, du Québec et des autres communautés francophones du Canada à soumettre des communications dans l’un ou l’autre de ces domaines de recherche et de réflexion pour qu’on en arrive à mieux penser la santé des femmes francophones.
COLLOQUE SANTÉ D’ELLES, 2004 Le Réseau des chercheures féministes de l’Ontario français sollicite des propositions de communication - individuelles ou collectives -, ainsi que des propositions de coordination et d’animation de tables rondes ou d’ateliers pour son 6e colloque, intitulé Santé d’ELLES : dimensions, pratiques, impact des politiques, qui aura lieu les 22-23-24 octobre 2004, à l’Université Laurentienne, Sudbury (Ontario). Les échanges auront lieu autour de trois grandes thématiques :
Ces thématiques se veulent suffisamment souples pour ouvrir sur la diversité, tout en permettant une certaine convergence des sujets autour de la santé des femmes francophones en Ontario et au Canada. Le colloque s’adresse à toute chercheure, intervenante, personne-ressource et étudiante de l’Ontario français, de l’Acadie, du Québec et des autres communautés francophones du Canada qui souhaite faire part de résultats de recherches, de réflexions ou d’analyses de pratiques dans le domaine de la santé des femmes francophones. Pour vous inscrire
Tous les projets de communication, avec une description de 200 mots, doivent être acheminés par courriel ou par la poste avant le 1er septembre 2004. Frais d’inscription Membres du réseau - 45 $ Non membres - 60 $ Étudiantes - 25 $ Vous devez acquitter les frais d’inscription en expédiant votre proposition pour que celle-ci puisse être retenue. Faites parvenir votre chèque à : Veuillez noter, que vous pouvez également effectuer vos paiements par Visa ou Mastercard. Suivant la tradition du Réseau des chercheures féministes de l’Ontario français, les textes présentés pour publication feront l’objet d’une évaluation par les pairs et seront publiés dans les meilleurs délais.
APPEL DE TEXTE : FEMMES ET MONDIALISATION La revue Recherches féministes consacrera son premier numéro de 2005 au thème « femmes et mondialisation ». L’année 2005 marque le 30e anniversaire de l’Année internationale de la femme, le 20e anniversaire de la fin de la Décennie des Nations Unies sur les femmes et de l’adoption des stratégies prospectives d’action pour la promotion de la femme, le 10e anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et du Programme d’action de Beijing, ainsi que le 5e anniversaire de la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. Comment ces divers moments historiques ont-ils marqué le féminisme mondial ? Quels sont les effets des divers processus de mondialisation économiques, politiques, culturels et sociaux sur les conditions de vie des femmes vivant dans divers contextes ? Quels rôles les femmes jouent-elles dans le développement de ces processus de mondialisation ? Dans le contexte de la mondialisation capitaliste, quels sont les nouveaux rapports de pouvoir en jeu ? Comment ces rapports de pouvoir renouvellent-ils ou permettent-ils de contester diverses formes de sexisme, racisme, classisme, hétérosexisme, âgisme ou eugénisme ? Quelles sont les résistances à la mondialisation et quelles alternatives sont proposées ? Quelle place aux analyses des intersections entre divers rapports de pouvoir est-elle faite au sein des mouvements féministes et altermondialistes (autant au niveau de la recherche que de l’action) ? Ce numéro spécial « femmes et mondialisation » de la revue Recherches féministes sollicite des textes qui proposent des analyses de ces divers phénomènes. Les manuscrits doivent parvenir à la revue avant le 30 juin 2004 et un avis d’intention avant le 7 avril 2004. Pour obtenir plus d’information, veuillez communiquer avec Anick Druelle par courriel (a.druelle@lancaster.ac.uk) ou par téléphone, en Angleterre (+44 1 524 37641). Pour avoir plus d’information sur la revue et le protocole de rédaction,
veuillez consulter le site Internet de la revue : http://www.fss.ulaval.ca/lef/Revue/
RCFOF - ASSEMBLÉE GÉNÉRALE - MAI 2002 Colloque 1999 « Mémoire, parole et écriture » (Publié par Remue-ménage) AGA et Colloque 1997 « Visibles et partenaires » Voir également nos archives du bulletin l'Interactif |